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En route pour Veracruz

9H35

Nous sommes un beau lundi de novembre, l’avant dernier. Nous avons 5 minutes de retard sur l’heure de départ prévue. Sébastien s’avance et à pas de loup nous quittons notre emplacement aux pieds de la pyramide de Cholula. Un emplacement que nous avons grandement apprécié pour son calme, son charme, et sa situation stratégique.

family coste puebla cholula mexique

Nous entrons sur la chaussée et nos compatriotes ferment la route.  Le départ se veut « matinal » car la route prévue ce jour là est longue. Nous avons compté sept heures minimum. Nous étions alors assez loin du compte.
Une fois enfin quitté Puebla, ses grandes artères, et sa circulation abondante nous entamons le plus beau du trajet. La nature est omniprésente et ô combien belle. La route est en bon état et nous avançons d’un bon rythme. Alors plongée dans mon atlas je lève les yeux et aperçois le trajet lancé par Sébastien sur le gps. Il nous fait tourner à gauche, je suis certaine que nous devons continuer tout droit. Sébastien tourne à gauche et nous voilà parti pour une immense boucle. Nous positivons, la route est magnifique, en effet, mais combien d’heures de plus allons-nous devoir ajouter à nos sept heures initiales.

Je regarde ce qui se trouve sur notre nouveau trajet. J’aperçois alors un gros « lac » sur la carte. Je continue à chercher et me rend compte que ce joli rond bleu porte le nom de « laguna crater aljojuca ». La lagune au fil de l’année change de couleurs, à 7 reprises passant de vert pomme à bleu turquoise.
La route passe à quelques mètres, nous trouvons pour nous stationner et pendant que notre gas-man remplit le réservoir de No limit du précieux carburant je file avec les enfants admirer la vue. C’est magnifique. Je suppose que cela doit l’être bien plus encore lorsque l’eau est turquoise mais aujourd’hui elle est bleue et pas moche pur autant.

family coste laguna crater aljojuca, puebla

Nous profitons des petits palapas bordant la route et la lagune pour déjeuner avec une vue imprenable. 300 pesos à huit, qui dit mieux ? Une fois restaurés nous reprenons la route, nous avons encore de longues heures devant nous. Les routes sont de plus en plus petites et non empruntées. Nous redescendons de manière assez abruptes les 3000 mètres d’altitude que nous avions atteint un peu plus tôt. Les freins tout neufs n’apprécient que moyennement cette utilisation intense et prolongée. Nous nous arrêtons, l’autoroute est juste en dessous, le gps ne nous annonce plus qu’un kilomètre et demi avant de la rejoindre. Nous traversons un étroit tunnel, aucun doute on veille sur nous, tout est nickel et on se demande comment !

La route se termine et une boucle improvisée nous permet de rejoindre la grande route. Nous y sommes ! Le pied droit de notre pilote se décale légèrement sur la droite, passant du frein à l’accélérateur, no limit fait rugir ses chevaux, en avant !

Nous roulons encore quatre heures et l’obscurité nous rejoint et nous accompagne pour les derniers quarante-cinq kilomètres. C’est tellement plus drôle ainsi. Une chance la 150 et la 180 sont des routes en relativement bon état et nous ne perdons pas trop de temps à éviter les trous d’obus sur notre chemin.

19h35

Le gps annonce encore 5 minutes de route jusqu’au point gps rentré neuf heures plus tôt.
Nous avançons encore quelques kilomètres et dans la pénombre tournons à gauche. Nous ne voyons pas grand chose mais la plage est censée être là. Nous ne la voyons pas mais entendons avec joie le roulement des vagues. Nous y sommes, neuf heures après avoir tourné la clef dans le neiman nous pouvons la tourner dans l’autre sens, nous sommes arrivés. Golfe du Mexique nous revoilà.

6h40

Nous sommes debout et Eleanor ne tarde pas à nous rejoindre. L’ouverture du rideau s’annonce l’un des plus beaux moments de la journée. La vue est à couper le souffle. Depuis mon lit je peux admirer les vagues venant s’échouer avec force sur le rivage.

Eleanor dessine dans le sable et ne tarde pas à mettre dans pieds dans l’eau. Elle a beau être très mouvementée, elle est chaude. Le sable est fin et moelleux et d’un noir volcanique. Nous ne sommes jamais loin de volcans dans cette partie du Mexique.
La légère brise de mer efface doucement la chaleur de nos étés. Le calme et la solitude règnent en maître. C’est certain, nous allons nous plaire ici.