écriture livre 3

Extrait du livre #4

Nous étions là assis dans ce café. L’odeur du chocolat chaud embaumait nos narines et nous baignions dans une douce plénitude. L’automne avait recouvert la Belgique et avec lui les feuilles s’étaient parées de leur plus beau orange. Le soleil nous avait fait le plaisir de sa présence et il flottait comme une délicate sensation de fin d’été.

Eleanor et Timothy avaient rejoint leurs grands parents et nous nous étions éclipsés pour l’après midi. L’odeur du café aiguisa à nouveau mes papilles. Sébastien, assis à ma gauche, travaillait avec passion sur la vidéo du mariage de ce charmant couple liégeois.
Délicatement bercée par cette quiétude si exceptionnelle je fermais les yeux. Ces quatre derniers mois défilèrent à grande vitesse devant mes yeux. Notre atterrissage à Bruxelles, retrouvant notre famille plus vue depuis plus de deux ans. Notre arrivée chez Eric, nos premiers pas en camping-car. Notre impatience à parcourir ce pays que nous avions quitté, et toutes ces personnes qui depuis des mois et des mois nous accompagnaient et soutenaient virtuellement.

Quatorze juillet.
Voilà deux semaines que nous avons posé les pieds sur le sol européen. Une drôle de sensation nous a envahi. Nous nous apprêtons à prendre la route à bord de notre nouveau compagnon de route. Nous l’avons baptisé Hercule. J’aurais voulu Europa mais Sébastien trouvait à notre nouveau mastodonte un goût de super héros puissant au milieu de ses cousins d’Europe.
Nous quittons la côte Atlantique légers et heureux. Le périple qui nous attend nous remplit de joie. Quelle douce innocence. Pas une seconde nous n’imaginons combien ce voyage s’apprête à nous bousculer, nous pousser dans nos retranchements, jusqu’au bout de nos limites.
Les premiers kilomètres tournent sur le compteur et le moteur ronronne allègrement. Aucun de nous ne réalise que ce petit bijou est réellement notre nouvelle maison pour les mois à venir. Il est si beau, si spacieux. Assise sur mon luxueux fauteuil de cuir beige je suis emplie de reconnaissance. Tellement de fierté en repensant au chemin parcouru depuis la prise de cette folle décision. Tant de choses ont changé et nous voilà là, prêts à sillonner la France à bord de cette merveille roulante.
Un coup de d’oeil à gauche. Un léger sourire inconscient illumine le visage de Sébastien. Une nouvelle page de bonheur s’écrit. Mon coeur se remplit de petits papillons pétillants faisant frémir tout mon corps. Profondément heureuse. Rien d’autre n’aurait su décrire la béatitude dans laquelle je flottais.
Ploërmel. Empruntant la route vers le Nord nous arrivons dans la mystérieuse et mythique forêt de Brocéliande.  Bercée par les légendes de Merlin ce lieu m’enchante et je regrette que les enfants soient encore trop jeunes pour avoir eu l’occasion de leur faire partager ces légendes. De l’arbre d’or aux magnifiques pierres de Paimpont nos quatre petites paires d’yeux brillent de mille feux. Visiter. Trouver des emplacements en pleine nature. Tout nous semble si simple ici. Nous parlons la langue du pays, les infrastructures sont accueillantes et nous sommes dépaysés par tant de simplicité. Nous retrouvons la chaleur mexicaine le soir même alors que nous sommes invités par une famille de compagnons fidèles, croisée par le plus grand des hasards  et nous suivant depuis le début de l’aventure.
Quelque chose m’effleure et je perds le fil de mes pensées. Sébastien a posé sa main sur la mienne, il a besoin de moi. J’ouvre les yeux et lorsque je les referme me voilà à nouveau transportée. Nous sommes dans le Jura, au bord d’un lac. Les vacanciers sont de sortie et nombreux sont nos voisins camping-caristes. Nombreux sont surpris par Hercule mais les quelques à oser nous adresser la parole sont si gentils. Comment pourrais-je en vouloir aux autres de nous regarder ainsi. Ce n’est pas si usuel de croiser un camping-car tout droit sorti des Miller. Évidement les regards jugeant et inconscients font mal, mais n’est-ce pas obligatoire lorsque l’on fait différemment. Nous l’avons expérimenté toute notre vie en prenant toutes ces décisions décalées, parfois jugées folles, bien souvent incomprises.
La déception ne tarda pas à disparaitre lorsque Sébastien passa la tête par la porte et me tendit mon maillot un grand sourire accroché aux lèvres.
Pas de temps pour la colère ou la tristesse, une eau bleutée nous attend quelques mètres plus bas. Sans doute me serais-je réjouis moins vite si j’avais eu vent de la température de l’eau avant d’y glisser péniblement un pied. Me serais-je habituée trop vite à l’eau des caraïbes ? Écrasée par la chaleur et enchantée par la beauté du lieu, je finis finalement par y entrer, motivée par mon binôme de vie et de folie, ayant déjà fait le grand saut. Le lac semblait avoir été posé là. Entouré de montagnes verdoyantes, le contraste était saisissant.
Ma vision s’arrêta nette. Une bouffée de gratitude, de joie et d’immense satisfaction m’avait envahie et annihilé toute autre pensée. J’aurais aimé rester dans cette état indéfiniment. La réalité ne tarda pas à me rattraper. Alors que je rêvassais l’heure avait continué de tourner plus vite que jamais et il était temps de partir récupérer les deux plus jeunes membres de la tribu. Bientôt nous ne les confierions plus alors forcément ces moments devenaient de plus en plus précieux. Le compte à rebours était lancé. Dans quatre jours nous serions catapultés dans les cieux en direction des terres Maya. Dans quatre jours nous retrouverions notre véritable maison.

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