écriture family coste

Extrait du livre #2

Comme pour le premier extrait, n’hésitez pas à donner votre avis, sous le texte, dans les commentaires sur ce que vous aimez et aussi ce que vous aimez moins. Ca nous permettra d’affiner en avançant vers quelque chose qui plaira.

Donner.

     « Je n’ai jamais rattaché ma foi à une quelconque religion. Je les respecte comme je respecte l’humanité mais s’il y a une chose que je valide totalement dans leurs messages c’est avant tout l’importance de donner, de partager. Ça passe par un sourire, une attention, de l’aide, un conseil, de l’argent ou des biens matériels, ou tout simplement un plat préparé avec attention.
J’approuve complètement cette idée mais dans les faits, dans la réalité de la vie il est parfois difficile de ne pas se laisser envahir par les aprioris.

     Nous avions roulé quelques heures pour finalement échouer ici. C’était la solution de dernier recours et nous allions passer nos prochaines soirées sur un parking de supermarché. L’idée était loin de nous séduire mais nous allions devoir faire avec.
L’humeur de l’équipage avait déjà été plus radieuse et tout le monde n’aspirait qu’à une chose : faire rentrer Liberty dans ce minuscule emplacement.

     Alors que nous essayions péniblement de nous frayer un passage dans ce parking trop plein, un homme dans le besoin s’approcha de nous. Je ne compris pas bien ce qu’il me voulait mais il insistait. J’insistais à mon tour mais malgré mon ton de moins en moins agréable et mes explications pour lui faire comprendre que nous souhaitions nous installer ici et qu’il me gênait, il s’avançait de plus en plus dans notre passage, au point de nous empêcher totalement de nous stationner.

     Irritée et un peu mal alaise, je suis pétrie d’aprioris sur cette personne. Il porte des lunettes vertes sans verres et un couvre chef assorti. Ce dernier est digne d’un animateur de cirque, c’est un chapeau haut de forme usé jusqu’à la corne mais qui met la monture de ses lunettes très en valeur. Il a vraisemblablement beaucoup de goût.
Plus les minutes passent plus j’essaie de m’intéresser à ce que cet homme dégage de beau, à ce qu’il y a de positif en lui. Je suis frappée par son élégance. Les trous de ses lunettes laissent transparaître des yeux d’un bleu incroyable. Ils m’en donnent le vertige. Son regard m’adoucit et je le suis.
     Il me demande de l’aide. Il a vu un cadenas et une chaîne dans un chariot mais ses mains fébriles et abîmées l’empêchent de s’en approcher. Je dégage alors un à un la douzaine de caddies accrochés en enfilade et au bout de quelques minutes nous décrochons le saint graal. C’est ce que ses yeux semblèrent me dire, nous avions trouvé une pépite d’or.
De plus en plus perturbée par ce bleu océan, je répondis à ses nombreux merci par un compliment sur ses yeux. Ils étaient profonds et pures. Il rassembla alors toutes ses forces pour sortir un morceau de carton de sa poche et un stylo et commença à écrire. Ses mains tremblaient et souffraient de son état mais il continuait à écrire…
Google willie… je le prévins et m’absentais quelques minutes. J’entrais frénétiquement dans la caravane à quelques mètres, ouvris les placards cherchant désespérément ce que vous pourrais bien lui donner. J’attrapais un paquet d’un kilo de fajitas de maïs dans le tiroir et trouvais trois pommes bien fraîches dans un panier du frigo. Je ressortis les bras chargés alors qu’il continuait à écrire.
     Il avait presque terminé Google willie the pimp of lorsqu’il leva la tête en me voyant revenir. Il laissa échapper un « oh mon dieu » gêné et ses yeux se mirent à parler pour lui. Ils luisaient la reconnaissance. Je venais d’emplir son cœur de joie et sa réaction venait d’en remplir le mien bien plus encore.
Perturbé il reprit son écriture et termina Google willie the pimp of Walmart. Il m’expliqua que si je regardais sur internet je trouverais de nombreuses photos de lui. Je lui demandais s’il avait besoin de quelque chose de plus, besoin de quelque chose à boire. Il me montra une bouteille à moitié vide qu’il semblait surtout voir à moitié pleine et me remercia. J’insistais. Il insista à son tour et je rentrais alors retrouver les miens remplie d’amour, heureuse d’avoir mis de côté mes appréhensions trompeuses.
Sébastien m’aperçut et me dit,
     ⁃ « La dame aussi elle doit avoir faim ».
Il avait raison mais la manière dont elle nous avait toisée à notre arrivée nous bloquant carrément le passage avec sa voiture et la difficulté que tout ça nous avait causé m’avait un peu battu à froid. J’acquiesçais, mais pas prête à changer d’avis.
À cet instant le sourire de Willie m’apparut et la seconde qui suivit j’étais à nouveau entrain de retourner placards et réfrigérateur. Je trouvais finalement une tomate, une dernière pomme et une orange. Mais à faire les choses je souhaitais bien faire.
Je sortis un paquet de pain de mie, la salade tout juste lavée et y ajoutais un peu de sauce pour en faire un sandwich. Je laissais les enfants jouer au calme dans cette maison si petite mais dans laquelle nous ne manquions absolument de rien pour sortir, ravalant mon égo, et toquer à la porte de notre voisine de stationnement. Elle parut étonnée et je lui tendis timidement ce que je lui avais préparé.
Sa surprise fut aussi grande que ma gêne mais me manifesta sa 
reconnaissance d’un « Merci. C’est très gentil. Merci ».

Je revins trouver ma petite famille et l’heure du repas sonna. Ce soir là je me couchais avec le visage rayonnant de Willie me souriant. « 

Donner c’est avant tout faire preuve de fraternité, de reconnaissance.
Qu’on offre un sourire, une main tendue, une aide financière ou de son temps, donner est source de vie, source de joie, source d’Amour.

Je vous souhaite beaucoup de don et une merveilleuse journée.

A très bientôt,

Audrey

Ce texte n’est pas libre de droits. Il vous est partagé avec le plus grand plaisir mais ne peut en aucun cas, sous aucune manière, et sous aucun prétexte être repris ou utilisé. 

12 Comments
  1. Bonsoir,
    En lisant cet extrait nous sous sommes retrouvés dans une situation similaire. (en voyage sur la côte ouest de Etat Unis) En prenant du gasoil dans une station il y avait un vieil homme accompagné d’un chiot. Nous lui avons donné de la nourriture et ses yeux se sont remplis de larmes et nous a remercié. Au départ il nous a crier vive la France et les Français. La fin de notre voyage à été encore plus beau. J’ai hâte de lire votre prochain extrait. Bonne route. Cordialement.

    • Bonsoir Patricia,
      Merci pour cette si belle anecdote. Je suis parfaitement d’accord, tout change après ce moment là, c’est comme si on prenait la décision d’ouvrir vraiment notre coeur et que tout nous était rendu au centuple.
      Je ne peux qu’imaginer sa réaction, son bonheur et le vôtre.
      Promis je ne tarderais plus autant pour le prochain extrait !
      Audrey

  2. C’est ce qu’on appelle avoir le coeur sur la main donc vous être des personnes généreuses et aimantes et vous souhaite plein de bonne chose a votre belle famille biz a vous quatre

    • Merci beaucoup.
      C’est très gentil ! On vous souhaite à notre tour le meilleur.
      Audrey

  3. dès le début de la lecture on est là,présent avec toi,à vivre ces moments que tu nous raconte.J’adore ta façon d’écrire et attends la parution de ton livre avec impatience.
    a revoir une ponctuation je pense à cet endroit »De plus en plus perturbée par ses yeux je répondis à ses nombreux merci par un commentaire ses yeux. Ils étaient profonds et pures. »
    Bon voyage à toute la famille

    • Merci beaucoup Philippe. Je suis sincèrement touchée.
      Merci pour les corrections, c’est dur de ne pas passer à coté d’erreurs quand on est à la fois celui qui écrit et se relit !
      Belle soirée et à très bientot,
      Audrey

  4. C »est que dès le début on se sent plongé dans la lecture. c’est vraiment super ce que tu as fait. Peu de gens on le coeur sur la main.
    Merci de nous faire partager votre aventure.

    Bon voyage et bonjours à ta petite tribus.
    Ludivine

    • Merci Ludivine,
      C’est très gentil. Je suis heureuse de voir que mon style (particulier) d’écriture plaise 🙂
      Je me dis que de partager ce genre de petits moments de notre vie peut inciter les autres à faire de même, de petits actes de gentillesse, de partage, de générosité.
      A très bientot Ludivine, et encore merci,
      Audrey

  5. Audrey tu a un talent de narratrice caché ! Au bout de quelques phrases on se laisse facilement embarqué dans l’histoire. Une histoire vraie et poignante.. Comme quoi parfois il suffit de si peu.
    Je comprend ton ressenti, je suis moi même dans une association qui fait des maraudes en hiver pour les plus démuni et cela est impressionant de voir que un tout petit rien pour nous fait tant pour eux. Encore une histoire belle et enivrante.. Malheureusement nous vivons aujourd’hui dans une société de consommation qui nous pousse à avoir toujours plus.. Et pourtant le bonheur tient souvent à un tout petit détail..

    Très bon style d’écriture ! Pressée de voir la suite et comme d’habitude, bonne route familly coste

    • Ohhh merci Ingrid !

      J’ai toujours adooooooré écrire (oui oui avec tous ces o) et au fond de moi bien souvent j’entends « écris, écris »… et j’ai tant à raconter. Je manque de temps !
      Comme je le disais juste avant en réponse à Ludivine, je suis heureuse de voir que mon style (particulier) d’écriture plaise. Je sais que pour certains le passé, simple qui plus est accroche un peu à la gorge, mais c’est ma signature, et je trouve qu’elle permet justement d’embarquer avec plus de vraisemblance.

      Je suis bien d’accord, on a pas idée de ce que peuvent apporter les petits gestes, les petites attentions, si minimes et pourtant si grandioses.
      Les plus belles choses dans la vies sont les plus simples, et je trouve que rendre quelqu’un heureux, sincèrement heureux est la plus belle chose qui soit. Je ne suis pas prête d’oublier Willie.

      Je partage ton avis sur la société mais je pense que c’est une généralité de moins en moins vraie. Je suis si heureuse de voir tous ces gens qui mois après mois s’épanouissent, qui prennent conscience de leur vraie nature, de ce qui est juste et de ce qui ne l’est pas et qui développent autour d’eux de justes relations humaines.
      C’est pas flagrant en regardant les infos…c’est normal c’est fait pour, mais dans la vraie vie, celle des gens autour de nous, je constate que les gens sont tous profondément bons (parfois un peu perdus je te l’accorde) mais bons !

      Je te souhaite une très belle soirée,

      A très bientôt,

      Audrey

  6. salut Audrey
    super sympa de te lire
    hâte de découvrir le livre à sa sortis
    comment on peut voir le monsieur sur internet ?
    biz la famille coste

    • Hello Jerome,

      Merci beaucoup !
      Tu peux trouver des photos de willie en tapant tout simplement willie the pimp of walmart, saint augustine. Il y a pleinnnn de photos ! Oui oui je suis allée voir !

      A très bientot,

      Audrey

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